Selon lui, les changements climatiques ne font pas que provoquer des catastrophes extrêmes (ouragans, inondations, tempêtes...) aux conséquences dramatiques pour les populations qu'elles frappent. Ils entraînent une hausse subtile, mais réelle, des risques pour la santé pour l'ensemble des populations du globe. Que dire des cas de malaria, de choléra, de fièvre dengue, mais aussi d'asthme et d'allergies qui montent en flèche?
Le réchauffement accéléré
Au cours des 100 dernières années, la température de la planète a augmenté de 0,6 °C en moyenne,- et de 1,5 °C au Canada. Cela semble peu... Mais cela a pris 10 000 ans à partir de la dernière période de glaciation, pour qu'il y ait une variation de 4 °C, selon Greenpeace2.
« Au cours des deux dernières décennies, la prévalence de l'asthme a quadruplé aux États-Unis, en partie en raison de facteurs climatiques », précise Paul R. Epstein, dans son article scientifique. D'après lui, la hausse des taux de gaz carbonique dans l'air pourrait être liée à ces cas d'asthme. Elle causerait en effet une plus grande concentration de pollen et de particules allergènes dans l'air. Des taux élevés de gaz carbonique engendreraient la prolifération de champignons dans les sols qui, mis en contact avec d'autres polluants de l'air, contribueraient à propager les particules allergènes jusque dans les alvéoles des poumons des individus.
La planète se réchauffe et l'accumulation de gaz carbonique s'accroît à un rythme accéléré. La biodiversité subit ainsi des bouleversements qui peuvent affecter l'être humain. Selon M. Epstein, une hausse de la température moyenne permet aux insectes porteurs d'infections de vivre plus longtemps, de se reproduire plus rapidement et de réduire la période de maturation des microbes et des virus qu'ils transportent. D'où la résurgence de maladies infectieuses.
La faune, les forêts, la vie aquatique et les récoltes sont menacées par tous ces bouleversements climatiques : les conséquences sont énormes sur l'air, la nourriture et l'eau dont l'être humain a besoin pour vivre. « Soixante pour cent des ressources - des pêcheries à l'eau potable - sont déjà en déclin ou utilisées de façon non durable », conclut-il.