L'imagination et l'invention l'emportent manifestement sur la représentation et l'imitation. De telle sorte que les œuvres de l'artiste s'offrent le plus souvent comme un tissu pictural enchevêtré présentant parfois des endroits où l'on ne voit plus que de pures tâches chromatiques vaporeuses ou de simples traînées de pinceau juteuses et dépouillées de toute charge icônique.
Aussi, si indéniablement les formes des arbres nourrissent en modèle externe la peinture de Yamou, celui-ci ne reste jamais prisonnier de la simple copie. Son intériorité est constamment en éveil pour nous introduire, au-delà du registre confiné de la reproduction mimétique, dans l'instauration d'un vocabulaire visuel autonome, dans l'invention d'une écriture plastique capable de nous conduire dans un espace sans bornes. L'artiste ne reproduit pas les paysages réels, il cultive, par-delà l'image paysagiste, ses propres jardins plastiques dans un souci permanent d'accéder à la hauteur poétique, à un univers imaginaire aux seules limites instables de notre vision mentale.