Programme
La ville de Marrakech accueillera du 10 au 12 avril 2009 la troisième édition de Jardin’Art, le festival de l’art du jardin à Marrakech organisé par le magazine, « Jardins du Maroc, Jardins du monde ».
Une table ronde a été programmée dans ce cadre samedi 11 avril à 10h au Forum sur l'esplanade de la Ménara. Elle abordera le thème de l'avenir du tourisme des jardins au Maroc. Plusieurs questions seront abordées à cette occasion par des spécialistes dont : Florence Binesse, (France), Mayra Vajente et Anna Regge (Italie), Jalil BelKamel, Amine Ahlafi (Maroc), Francisco Silva de Calheiros (Portugal) et José Tito (Espagne).
Plusieurs Tour Operators offrent dès à présent des circuits consacrés aux jardins marocains. Trois circuits existent actuellement pour des publics anglo-saxons et allemands exclusivement : Gardens Tour in Morocco, Magical Garden Tour et Orientalische Gärten in Marokko. C’est là une niche nouvelle pour le tourisme, plus précisément dans le domaine de l’écotourisme. Au moment où le nombre de jardins remarquables s’accroît au Maroc, il convient de s’interroger sur les possibilités de développement de ce type de tourisme.
Pour que ce type de tourisme puisse se développer, il faut une vision, une stratégie, une offre et une demande.
Faute de ceci, actuellement au Maroc, les jardins ne font pas partie de l’offre touristique visible. Ils ne sont pas encore considérés comme un patrimoine écologique vivant. Et lorsque les jardins existent, les liens entre les exigences horticoles, esthétiques et les impératifs commerciaux ne sont pas pensés et donc pris en compte. Les avis et remarques des promoteurs ou professionnels du tourisme ne sont pas sollicités avant même la conception du jardin.
De plus, les sites Internet spécialisés dans le tourisme des jardins sont peu développés. Le risque est donc grand de voir ces jardins, créés dans la précipitation et sans science et professionnalisme, vivre quelques années puis péricliter doucement. Les solutions qui pourraient être alors imaginées, créer, au dernier moment, des restaurants ou des hôtels dans le jardin, "disneylandiser" le jardin, sont celles qui tuent inéluctablement le jardin.
Il n’y a pas de demande d'une clientèle marocaine actuellement. En revanche, il existe des demandes en Europe. Mais ces demandes sont très variables selon les pays. De plus, elles sont encore limitées. C’est sur elles qu’il faut agir prioritairement car c’est la demande qui créera l’offre.
Cela suppose une analyse sociologique des personnes visitant les jardins, classées par sexe, groupes d’âge, métier, types de demande, comportements dans les jardins et taux de satisfaction. Les visiteurs peuvent faire des visites en groupe ou individuelles. La connaissance des demandes potentielles dans les marchés émergents est aussi inconnue. Toutes ces données font totalement défaut. Or l’âge moyen des visiteurs détermine le nombre de bancs à mettre dans le jardin par exemple.
Il existe deux types de touristes européens concernant les jardins. Les uns viennent voir les jardins pour eux-mêmes car ils appartiennent à des associations de propriétaires ou de professionnels ou ils font partie de réseaux d'amateurs des jardins. Cette demande est très limitée. Il y a les membres de sociétés d’horticulture, qui, à l’occasion de la visite d’un monument historique, prolongent cette visite par la visite du jardin qui lui est associé.
La première urgence est de créer un réseau des jardins du Maroc (jardins en émergence et jardins déjà constitués), labellisés ou non, et d’en assurer la publicité. On peut ensuite lancer l’idée d’une journée des jardins du Maroc durant laquelle des jardins habituellement non visités pourraient être ouverts au public et les jardins publics auraient alors un guide en expliquant l’histoire et l’organisation.
Des opérations de communication pourront ensuite être mises en place. Cela permettrait de connaître les conditions d’ouverture des jardins. Établir des relations avec la presse marocaine et étrangère est aussi une des conditions du développement de ce type nouveau de tourisme.
L’enjeu est important. Développer un tourisme des jardins, c’est aussi inciter les décideurs marocains à inclure les jardins dans leur politique de développement des territoires, à transformer des espaces qui ont tendance à devenir de plus en plus minéraux actuellement en raison des pressions des promoteurs en espaces à nouveau verdoyants.
Abderrazzak Benchaâbane
Président-fondateur du festival de l'art des jardins à Marrakech.
Contact : festival@jardinsdumaroc.com
Téléphone : +212 (0) 6 51169405 & +212 (0) 5 24 44 64 96
Site web : www.jardinsdumaroc.com/festival
Pour que ce type de tourisme puisse se développer, il faut une vision, une stratégie, une offre et une demande.
Faute de ceci, actuellement au Maroc, les jardins ne font pas partie de l’offre touristique visible. Ils ne sont pas encore considérés comme un patrimoine écologique vivant. Et lorsque les jardins existent, les liens entre les exigences horticoles, esthétiques et les impératifs commerciaux ne sont pas pensés et donc pris en compte. Les avis et remarques des promoteurs ou professionnels du tourisme ne sont pas sollicités avant même la conception du jardin.
De plus, les sites Internet spécialisés dans le tourisme des jardins sont peu développés. Le risque est donc grand de voir ces jardins, créés dans la précipitation et sans science et professionnalisme, vivre quelques années puis péricliter doucement. Les solutions qui pourraient être alors imaginées, créer, au dernier moment, des restaurants ou des hôtels dans le jardin, "disneylandiser" le jardin, sont celles qui tuent inéluctablement le jardin.
Il n’y a pas de demande d'une clientèle marocaine actuellement. En revanche, il existe des demandes en Europe. Mais ces demandes sont très variables selon les pays. De plus, elles sont encore limitées. C’est sur elles qu’il faut agir prioritairement car c’est la demande qui créera l’offre.
Cela suppose une analyse sociologique des personnes visitant les jardins, classées par sexe, groupes d’âge, métier, types de demande, comportements dans les jardins et taux de satisfaction. Les visiteurs peuvent faire des visites en groupe ou individuelles. La connaissance des demandes potentielles dans les marchés émergents est aussi inconnue. Toutes ces données font totalement défaut. Or l’âge moyen des visiteurs détermine le nombre de bancs à mettre dans le jardin par exemple.
Il existe deux types de touristes européens concernant les jardins. Les uns viennent voir les jardins pour eux-mêmes car ils appartiennent à des associations de propriétaires ou de professionnels ou ils font partie de réseaux d'amateurs des jardins. Cette demande est très limitée. Il y a les membres de sociétés d’horticulture, qui, à l’occasion de la visite d’un monument historique, prolongent cette visite par la visite du jardin qui lui est associé.
La première urgence est de créer un réseau des jardins du Maroc (jardins en émergence et jardins déjà constitués), labellisés ou non, et d’en assurer la publicité. On peut ensuite lancer l’idée d’une journée des jardins du Maroc durant laquelle des jardins habituellement non visités pourraient être ouverts au public et les jardins publics auraient alors un guide en expliquant l’histoire et l’organisation.
Des opérations de communication pourront ensuite être mises en place. Cela permettrait de connaître les conditions d’ouverture des jardins. Établir des relations avec la presse marocaine et étrangère est aussi une des conditions du développement de ce type nouveau de tourisme.
L’enjeu est important. Développer un tourisme des jardins, c’est aussi inciter les décideurs marocains à inclure les jardins dans leur politique de développement des territoires, à transformer des espaces qui ont tendance à devenir de plus en plus minéraux actuellement en raison des pressions des promoteurs en espaces à nouveau verdoyants.
Abderrazzak Benchaâbane
Président-fondateur du festival de l'art des jardins à Marrakech.
Contact : festival@jardinsdumaroc.com
Téléphone : +212 (0) 6 51169405 & +212 (0) 5 24 44 64 96
Site web : www.jardinsdumaroc.com/festival
Rédigé par le Mercredi 1 Avril 2009 à 15:22
